Accueil  |  Éducation  |  Activité de l'éducation 

Stiftelsen Orangeri &
Kunskapscentrum
Carl von Linné

Box 104, SE-343 22 Älmhult

Tel +46(0)476 481 80, info@linnaeus.nu

Contactez-nous

Infos sur le projet

Hôtels et nourriture

Magasin de Web

Blog de jardinier

Bibliothèque botanique

Nouvelles

Art et musique

Invité du mois

Découvrez le pays en images

Associations Linné

Nos sponsors

Plan du site

"Örtaboken"-le premier ouvrage de Linné

Liens de recherche de Linné

L'association Carl von Linné

Lisez les nouvelles infos

La commune d'Älmhult

Le XVIIIe siècle de Linné

Tout au sud de la Norvège et tout près du Bohuslän en Suède, se trouve la forteresse de Fredriksten. En novembre 1718, lors du siège suédois, le Roi Karl XII est tué et cela marque l'effondrement de la "Grande Suède". Car von Linné est alors âgé de onze ans.

L'année suivante, une nouvelle forme de gouvernement est mise en place. Cette période voit naître deux partis politiques, les "Chapeaux" et les "Bonnets", et la liberté d'expression est plus grande. On se rapproche du parlementarisme, ce qui permet l'émergence de discussions idéologiques, du moins chez les classes supérieures.

De grands questionnements unissent et divisent, mais encouragent au développement, et les différences de classes sont plus diffuses. Autant au niveau individuel que national, l'époque permet une certaine indépendance de pensée et d'action. Les autorités religieuses et politiques sont plus tolérantes et de plus plus, on exige de prendre part aux décisions. On se rapproche à petits pas de la démocratie, et cette évolution n'est pas que suédoise : la Révolution française et la Guerre d'Indépendance américaine en témoignent. Les pensées des philosophes français Voltaire et Rousseau, ainsi que la doctrine du partage du pouvoir de Montesquieu influencent le monde occidental : c'est l'époque des Lumières! Les lumières du savoir, qui éclairent les idées autant que les intérieurs : les fenêtres s'agrandissent (la verrerie Kosta est fondée et fabrique des bouteilles et des vitres), les façades sont plus lisses et les poêles en faïence révolutionnent les conditions de vie des Suédois.

Le XVIIIe siècle préfère le profit au pouvoir, l'économie au prestige, la vie privée à la carrière, les sciences à la stratégie. Le savoir a plus de poids et est plus fiable que les prières, et la vie ici-bas a plus d'importance que celle qui attend dans l'au-delà.



La culture française donne le ton pour la musique, le théâtre, la peinture et la littérature. Le baroque, un peu lourd, cède la place au rococo, plus léger. L'Angleterre, quant à elle, donne l'exemple dans le commerce et l'industrie (manufactures), et par l'adoption d'une Constitution. Le mercantilisme et l'industrie promettent un avenir plus riant. Comment utiliser les ressources naturelles ? Que pouvons-nous faire pour attirer l'intérêt du reste du monde ? Quels procédés de fabrication pouvons-nous créer ? Le mot-clé est l'utilitarisme, ce qui veut dire que le profit dicte toute action humaine.

Jonas Alströmer, disciple suédois de la pomme de terre, introduit la machine à tricoter les bas en Suède, ce qui donne du travail à plus de 14'000 ouvriers. Si l'industrie progresse, le pays ne compte qu'une trentaine de médecins pour tout le territoire. La population suédoise, quant à elle, s'élève à 2 millions d'habitants. La Compagnie Suédoise des Indes Orientales est fondée en 1731 et fait plus de 300 voyages à but commercial, principalement à Canton, ce qui donne accès à des produits de luxe comme des colorants, de la soie, du thé, du café, des épices et de la porcelaine. La Suède exporte en premier lieu du fer, de l'acier et du cuivre.

 

La culture chinoise inspire les citadins et la Reine Lovisa Ulrika reçoit le château Kina (Chine) en cadeau d'anniversaire. Peu après, la porcelaine chinoise et les meubles laqués rouges trouvent aussi le chemin des campagnes.

Il est pourtant important de faire remarquer que les finances suédoises sont très mauvaises; les régions côtières et limitrophes sont marquées par les guerre de l'époque de la "Grande Suède" et les épidémies et les mauvaises récolte ont rendu le peuple exsangue. 90 % de la population vit de l'agriculture et utilise des méthodes désuètes sur des terres encore indivises. Qu'en est-il de la capacité à lire et à écrire ?

Les universitaires se servent du latin, ce qui exclut une grande partie de la population. La Reine Lovisa Ulrika, une intellectuelle entourée de beaucoup de grands esprits, affirme qu'il faut s'exprimer en suédois. L'Académie Royale des Sciences est fondée et Olof von Dahlin publie "Svea Rikes Historia" ( "L'histoire du royaume de Suède"); les publications de l'Académie sont en suédois. On a foi en l'avenir de la Suède; les nouvelles sciences naturelles ont pour but de résoudre des problèmes pratiques et d'ouvrir la voie à la connaissance de la nature. Pensez par exemple à Christoffer Polhem et ses ingénieuses machines qui permettent de gagner du temps, ou aux connaissances de Emanuel Swedenborg pour l'industrie du fer, ou encore à l'utilitariste Anders Berch qui montre comment rationaliser la vie quotidienne.

De nouveaux éléments sont découverts par le pharmacien Carl Scheele à Köping et le thermomètre est inventé par Anders Celsius. Quant à l'astronome Per Wargentin, il fait en sorte que la Suède soit le premier pays à faire des statistiques démographiques.

Finalement, Car von Linné, fils de pasteur curieux et impatient, va immortaliser le XVIIIe siècle suédois.